jeudi 22 août 2019

[Libéré] - Éros, gale des pattes

Seconde capture de la journée. Je me suis arrêté pour regarder un groupe de pigeons en train de manger les restes d'un gâteau laissés sur une table à l'extérieur d'une boulangerie. Mon regard a été attiré par la patte de l'un d'eux qui était affreusement épaisse. Le gâteau est tombé parterre alors que les oiseaux le mangeaient, j'en ai donc profité pour me poster au-dessus de la nourriture et ai attendu qu’Éros se trouve à portée de mains. Il a été très facile à attraper. Je lui ai donné un bain de pattes puis une dose de médicament contre la gale. Il recevra une seconde dose dans deux semaines.


Une petite histoire. Cet après-midi je suis allé rendre le pigeon d'une connaissance que j'étais censé garder et mettre en couple avec Maurine. Il a des problèmes neurologiques, vole très peu, a du mal à se déplacer et peut-être des problèmes de vue car il se cogne souvent. Il considérait sa propriétaire comme sa femelle et se montrait beaucoup trop collant, d'où la tentative de le "sevrer". À la maison, il restait en boule dans un coin, au sol, et ne bougeait que pour aller manger avec les autres. Il était tellement apathique que je le pensais malade. J'ai appelé la propriétaire pour l'en informer et la dame a préféré le reprendre pensant qu'il était triste loin d'elle. J'ai donc pris le bus pour remettre l'oiseau à son grand amour d'humain en espérant qu'il ne soit pas malade. 

Une fois arrivés, quelle scène ! Le pigeon a été ravi de la revoir, il s'est mis à roucouler et tourner sur lui-même dès qu'il l'a entendue. Il était vraiment heureux, rien à voir avec le pauvre oiseau déprimé que j'avais vu. Elle m'a alors expliqué que son comportement était bizarre à cause de son handicape et que ça pouvait être très déroutant quand on n'avait pas l'habitude. Sa propriétaire le connaissait bien et avait vu juste : l'oiseau faisait une dépression loin de son humain. La propriétaire et moi avons convenu de refaire un essai lorsque j'aurai la volière montée et que je pourrai le garder, lui et Maurine, seuls, en intérieur en espérant qu'ils se mettent en couple.

J'ai donc raccompagné la personne de l'autre côté de la route et une dame nous a accosté en regardant le pigeon dans la cage de transport. Elle s'est tournée vers moi et m'a dit "vous, vous habitez rue X. Je connais aussi votre voisine". Je suis resté un peu bête car je ne connaissais pas cette dame. Elle m'a alors dit "Sur le balcon du dernier étage de votre immeuble, il y a un goéland coincé. Je le vois de chez moi. Il bat des aile et essaye de s'envoler, mais n'y arrive pas car il ne doit pas avoir assez de place". Elle a ajouté qu'elle l'avait repéré le matin même et se doutait que l’appartement était vide car tous les volets étaient fermés. J'ai confirmé qu'il était inhabité, mais ouvert car il y a des travaux et les ouvriers laissent la porte non verrouillée. J'ai donc accompagné la dame qui habitait la rue perpendiculaire à la mienne et nous nous sommes séparés devant mon domicile.

Je suis rentré à la maison pour prendre une lampe de poche, suis rentré dans l'appartement inoccupé du dessus, ai ouvert la fenêtre, puis les volets et suis sorti sur le balcon. J'ai regardé à droite et à gauche mais n'ai rien vu. Le balcon d'un seul trait s'étend sur les trois faces de l'immeuble, je me suis donc dirigé vers la gauche, là où la dame avait vu l'oiseau, et que vois-je au bout en train d'essayer de passer la tête à travers la rambarde ? Un goéland adulte ! Je me dirige vers lui, il panique et essaye de plus belle de passer la tête entre les motifs en fer forgé, puis bat des ailes pour essayer de s'envoler. Sans succès, car le balcon n'est effectivement pas assez large pour décoller. Je tente de le saisir mais il parvient à me mordre au pouce, me laissant une belle entaille. Son bec est un vrai rasoir, rien à voir avec celui des jeunes. Je réussi à lui bloquer la tête, puis le cale sous mon bras pour qu'il ne se débatte pas. Je le lâche dans l'appartement vide le temps de refermer volets et fenêtre, puis le récupère.

Je retourne chez moi, lui tâte le ventre pour vérifier qu'il ne soit pas maigre mais tout va bien. Je le libère dans le salon. Il part en courant et battant des ailes, fait le tour de la pièce et se met dans un coin. Il rebat des ailes et s’ébouriffe les plumes, pour ne plus bouger. Je le regarde et décide qu'il peut être libéré. J'ouvre la fenêtre mais il reste tranquille dans son coin, ne semblant même pas effrayé. Je me décale pour le faire partir, il se dirige vers le balcon et... tente de passer à travers la rambarde. Je le saisi, le pose sur un bac de fleur accroché en hauteur et, miracle, le goéland s'envole sans aucun problème. Je le regarde partir et disparaître derrière les toits avec satisfaction. N'étant venu que pour donner le pigeon à sa propriétaire, je n'avais malheureusement pas mon appareil photo pour immortaliser ce grand moment.

Mercredi 4 septembre : Éros allait très bien et sa patte était redevenue normale. Il avait tout de même perdu un doigt entre temps. J'ai malheureusement oublié de prendre une photo avant la libération.